Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

Piotr Ilitch Tchaïkovski

vendredi 24 février 2017


Les blogs Qobuz

17 février

Le blog-notes de Claude Samuel Le théâtre de Musset – La paix universelle Flaubert écrit à George Sand Kaija Saariaho, invitée d’honneur de Présences 2017

Les blogs Qobuz Jacques Offenbach (1819-1880), l’auteur bien-aimé de « La Vie parisienne », photographié par Nadar Le théâtre d’Alfred de Musset n’est pas mon livre de chevet. Et c’est grâce à Offenbach — qui a hissé le Fantasio de notre cher Alfred sur une scène lyrique, grâce à notre Opéra-Comique qui a produit la nouvelle production, grâce au Théâtre du Châtelet qui l’a accueilli en cette période de travaux à Favart — que j’ai saisi dans ma bibliothèque le premier tome des Comédies et Proverbes et relu (lu ?) les deux actes de son Fantasio, nettement moins connu que Lorenzaccio et On ne badine pas avec l’amour, lesquels l’encadrent dans l’édition de ce qui n’est donc pas mon livre de chevet. En moins d’une demi-heure, j’ai épuisé les charmes indiscutables de la prose de Musset, sa vivacité, sa légèreté. En revanche, il aura fallu deux heures cinquante (entracte compris) pour avaler les péripéties, mises en musique, de ce mariage raté entre une princesse bavaroise et un prince italien, et l’arrivée providentielle d’un bouffon pacifiste qui prône la paix universelle. Le tapis rouge Nous sommes au lendemain de la guerre de 1870, de la piteuse capitulation de Sedan, l’Opéra-Comique vient de rouvrir ses portes, et certains journalistes, contaminés par la germanophobie ambiante, se demandent s’il est bien opportun de dérouler le tapis rouge pour ce compositeur prussien encensé sous le régime impérial. Bizet, qui vient juste de découvrir le livret de Carmen, note : « Il faut que tous les producteurs de bonne musique redoublent de zèle pour lutter contre l’envahissement toujours croissant de cet infernal Offenbach. » Et Flaubert, qui a parlé d’«infection» après la représentation du Roi Carotte, le précédent Offenbach, écrit à son amie George Sand : « Ce bon Offenbach a eu un re-four à l’Opéra-Comique avec Fantasio. Arriverait-on à haïr la Blague ? Ce serait un joli progrès dans la voie du Bien ! » Offenbach et son violoncelle par Edouard Riou et Nadar Prussien Quant à Gustave Bertrand, critique musical au Ménestrel, il demande à notre Prussien « de laisser le chemin un peu plus libre aux compositeurs qui ont la disgrâce d’être nés français » et déplore que Fantasio fasse dans le dernier tableau l’éloge de la paix. L’heure de la revanche a déjà sonné ! Enfin, au-delà de la fibre patriotique, on s’indigne que la pièce de Musset soit revue et corrigée pour les besoins de l’art lyrique : « C’est donner la forêt de Fontainebleau aux architectes d’Asnières… » Il y a le contexte, et le texte… Celui-ci ne s’élève pas à des hauteurs stratosphériques, et la première partie de la soirée est particulièrement languissante ; l’auteur de La Belle Hélène, de La Périchole et de La Vie parisienne n’est qu’un beau souvenir. De surcroît, le présent Fantasio, mis en scène par Thomas Jolly, n’est guère servi par un décor sinistre, sans couleurs et sans espace, ce qui est un comble sur la vaste scène du Châtelet… Mais le rôle travesti de Fantasio est interprété avec élégance par Marianne Crebassa et Marie-Eve Munger prête à la princesse Elsbeth son joli timbre de soprano colorature. Fantasio, bouffon d’un soir, qui sut inspirer à sa princesse de doux sentiments partagés / © Pierre Grosbois C’est l’Orchestre Philharmonique de Radio France (confronté l’avant-veille à un autre genre de sport avec le premier programme du Festival Présences) qui est plongé dans la fosse du Châtelet sous la direction de Laurent Campellone, jeune chef qui a aussi, au bout de sa baguette, Les Contes d’Hoffmann et… La Périchole. Présences 2017 Présences, qui en est à sa vingt-septième édition, ce festival Présences que j’eus quelque peine à imposer aux services financiers de la Maison au tout début des années quatre-vingt-dix, d’autant que j’avais prescrit la gratuité à toutes les manifestations… Sa survie, même si la gratuité est aujourd’hui à éclipses, est tout de même inespérée, miraculeuse et pas trop éloignée du modèle que j’avais tenté de mettre en place : toutes les manifestations réparties dans les différents lieux de concert de la maison, dont le 104 (que nous allions baptiser « Salle Olivier Messiaen » à la mort du maître et que l’un de nos successeurs a bêtement rebaptisé en 104, incolore et inodore), les 105 et le 106 ; que des créations mondiales (ou françaises) et la part du lion réservée à l’un des créateurs majeurs toujours en activité. Luciano Berio, György Ligeti, Mauricio Kagel ont ouvert la marche. Ils ne sont plus des références, ayant pris place dans l’histoire de la musique. Kaija Saariaho étudia le dessin à l’école des Beaux-Arts d’Helsinki avant de découvrir à Darmstadt les plaisirs de la création musicale contemporaine. DR Voici donc aujourd’hui, en invitée d’honneur, la finnoise Kaija Saariaho, parisienne de longue date, qui s’est lancée récemment avec succès (et jusque sur le continent nord-américain) dans le répertoire lyrique. Un choix très judicieux pour une musicienne accomplie, une styliste sensible et inspirée. Aventureux ! Kaija Saariaho est largement à l’affiche de ce présent week-end, qui réunit aussi les noms de l’Espagnol Hector Parra, ancien et brillant stagiaire d’Acanthes, du Vénitien Mauro Lanza, du Basque Ramon Lazkano, du Franco-argentin Sebastian Rivas, de François-Bernard Mâche et du regretté Gérard Grisey. N’attendez pas l’édition 2018, soyez aventureux ! Et, pour combler toutes vos curiosités, lisez le Kaija Saariaho des Cahiers de l’Ircam, et (aux Editions Gallimard) le volumineux Jacques Offenbach de Jean-Claude Yon, un spécialiste ! Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de février 2017 : « Ce jour-là, 25 octobre 1893 : la mort de Piotr Ilytch Tchaïkovski »

Resmusica.com

Hier

Fulgurante Elīna Garanča à la Philharmonie de Cologne

Cologne. Philharmonie. 21-II-2017. Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893) : Le lac de cygnes, Valse ; La Pucelle d’Orléans, air de Jeanne ; Emīls Dārziņš (1875-1910) : Valse mélancolique ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Samson et Dalila, «Mon cœur s’ouvre à ta voix »; Giuseppe Verdi (1813-1901) : Les Vêpres siciliennes, ouverture ; Francesco Cilea (1866-1950) : Adriana Lecouvreur, « Acerba voluttà » et « « Io son l’umile ancella » ; Gaetano Donizetti (1797-1848) : La Favorite, prélude ; Pietro Mascagni (1863-1945) : Cavalleria rusticana, « Voi lo sapete, o mamma » ; Amilcare Ponchielli (1834-1886) : La Gioconda, Danse des Heures ; Stanislao Gastaldon (1861-1939) : « Musica proibita » ; Francesco Paolo Tosti (1846-1916) : « Non t’amo più » et « Marechiare » ; Ruperto Chapí (1851-1909) : Las hijas de Zebedeo, « Al pensar » ; Agustín Lara (1897-1970) : « Granada ». Elīna Garanča, mezzo-soprano. Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz, direction : Karel Mark Chichon.




MusicaBohemica

18 février

Dvořák, Mozart et Martinů : la Philharmonie Tchèque au Luxembourg

La Philharmonie Luxembourg m'a passé commande d'une notice de concert pour le récital du 14 mars 2017. Le Grand Auditorium accueille à cette date la prestigieuse Philharmonie Tchèque avec son chef Jirí Belohlávek, ainsi que le violoniste Nikolaj Znaider. Au programme, l'ouverture Othello de Dvořák, le 5e Concerto pour violon KV 219  de Mozart et la 4e Symphonie de Martinů. Voici cette notice de concert, publiée sur musicabohemica.org avec l'aimable autorisation de la Philharmonie Luxembourg. *** Quand Antonín Dvořák (1841-1904) écrit ses trois ouvertures Dans la nature, Carnaval et Othello dans un même élan créatif, de mai 1891 à janvier 1892, il a le projet d'illustrer les passions contradictoires qui subjuguent l'âme. Les deux premiers volets célèbrent émerveillements panthéistes et réjouissances en société, alors qu'Othello dépeint une jalousie exacerbée. Ces ouvertures, que leur auteur surnommait Nature, Vie et Amour, doivent à l'origine former une vaste oeuvre symphonique, mais Dvořák se ravise avant leur publication pour leur octroyer un numéro d'opus individuel (91 à 93). Il en dirige la première audition en avril 1892. Le compositeur trouve son inspiration pour Othello dans la célèbre tragédie de William Shakespeare, se rappelant peut-être l'opéra de Giuseppe Verdi entendu en 1888 à Prague en compagnie de Piotr Illich Tchaikovski. Mais son intérêt pour Shakespeare est plus ancien. En 1873 déjà, Dvořák avait écrit une ouverture Roméo et Juliette, aujourd'hui disparue ; treize années plus tard, le compositeur alla se recueillir sur la tombe du dramaturge à Stratford-upon-Avon. L'oeuvre oscille entre le thème sévère d'Othello et une mélodie chantant la passion contrariée de la douce Desdémone. Les scènes d'amour sont rendues par des gammes chromatiques ascendantes sur de longs accords des bois, où Dvořák donne pleine mesure à son souffle lyrique. Mais l'amour est ici lourd d'une rancœur morbide. Le thème musical éthéré qui sert de fil rouge aux trois ouvertures sonne dès lors comme un sarcasme grimaçant : le drame annoncé d'emblée ne cesse de croître en une implacable course à l'abîme pour s'achever, comme dans la tragédie, par l'assassinat de Desdémone, alors que l'orchestre clame son désespoir. La triste prière d'Othello, en écho aux premières mesures de la partition, est à son tour emportée par un déchaînement de tous les pupitres quand le Maure de Venise se suicide. Ce chant du destin d'une rare noirceur, si étonnant pour l'auditeur coutumier d'un Dvořák optimiste, s'inscrit en réalité dans une lignée d'oeuvre funèbres intensément dramatiques. Plusieurs poèmes symphoniques de la fin de la décennie (L'ondin, La sorcière de midi et Le pigeon des bois) et le merveilleux conte de fées lyrique Rusalka (1900) porteront cette facette de l'art de Dvořák à son paroxysme. Un peu plus d'un siècle auparavant, en 1775, Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) s'employait aussi à défricher de nouveaux chemins. Le jeune homme de 19 ans est à la fois « l'enfant miracle » de la bonne société européenne et un auteur couru. Mais cela ne saurait le contenter : Mozart a conscience de sa valeur, il sait que son art peut être capable d'offrir encore autre chose. La ville de Salzbourg, pour agréable qu'elle soit, se révèle un cadre bien étriqué pour encourager son essor, d'autant que son employeur, le redoutable archevêque Hieronymus von Colloredo, regarde de haut ce freluquet remuant. Un simple domestique n'est-il pas voué à servir son maître intra muros, plutôt que de courir l'Europe en quête d'on ne sait quelles futilités ? Confiné dans une ville de province, Mozart se réfugie dans un style « galant », « à la Française », comme il était alors coutume de le désigner. Cela lui sera parfois reproché. Méfions-nous des étiquettes : tout galant qu'il soit, Mozart reste lui-même et, quand il sacrifie à la mode, il ne renonce jamais à laisser exprimer sa voix la plus personnelle. Ses cinq Concertos pour violon, tous composés cette même année (les concertos ultérieurs sont des reconstitutions plus ou moins authentiques et controversées) flattent certes le goût du jour. Mais le cheminement du compositeur au fil de leur écriture révèle bien autre chose. En l'espace de ces quelques mois, Mozart invente. Son langage pose les fondements d'une nouvelle manière d'écrire, si bien qu'avec ce KV 219, Mozart parvient à une maîtrise souveraine de l'équilibre entre soliste et orchestre. La voie est désormais ouverte pour l'accomplissement de ses futurs grands concertos, dédiés non plus au violon, mais au piano. Ce cinquième Concerto pour violon en la majeur s'affirme comme une oeuvre inouïe qui va bien au-delà des conventions de l'époque. L'introduction du premier mouvement Allegro aperto sonne comme le prélude d'un opéra imaginaire, présentant deux thèmes tout en traits vifs et ombres furtives. Et quand le violon apparaît, c'est pour chanter un adagio inattendu, avant de reprendre tour à tour, en les transformant, les deux thèmes de l'introduction orchestrale. Dans le futur, Mozart saura se souvenir de la force d'un tel effet. La brève coda est précédée par une cadence où le soliste donne libre cours à une méditation éthérée. Le chant de l'Adagio en mi majeur s'épanouit en une arche passionnée, bientôt chargée de tragique. Ce mouvement, en dépit de sa beauté, échoua à recueillir les suffrages de Brunetti, violoniste de la cour, qui pria Mozart de composer pour lui un morceau de substitution (ce sera le Rondo en si bémol KV 261). C'est avec le Rondeau final que ce 5e Concerto devait acquérir sa popularité. Alors que le Tempo di Minuetto en la majeur affiche une sérénité toute aérienne, nous basculons dans un autre monde avec l'irruption du trio en mode mineur aux rythmes vifs et fortement marqués. Si beaucoup entendent ici une turquerie comme l'époque les affectionnait, il semble que Mozart se soit plutôt inspiré de czardas de la Hongrie voisine. Le mémorable contraste entre danses « nobles » et « populaires » couronne l'accomplissement d'une oeuvre ouverte sur l'immensité du monde. Je crois que l'immensité du monde est la sensation la plus puissante qui ait marqué mon enfance au plus profond de mon âme. C'est l'expérience dont je suis clairement conscient, et qui fut d'une importance significative pour mon travail de compositeur. C'est l'espace qui me fascinait et que je tentais d'exprimer avec des sons dans mes compositions. L'espace et la nature, et non les hommes... (cité dans « Martinů, zivot a dilo » de Miloš Safránek, SHV Praha 1961, traduction Éric Baude) L'espace et la nature, Bohuslav Martinů (1890-1959) les a longtemps contemplés. Sa famille emménagea, au tout début du XXe siècle, au dernier étage d'une tour d'observation qui dominait la région doucement vallonnée de la Vysočina, aux confins de la Bohême et de la Moravie. L'étendue ouverte aux quatre horizons devait durablement marquer le jeune Martinů. S'il éprouve des difficultés scolaires, il aime la musique et étudie le violon, si bien que Conservatoire de Prague l'admet. Mais c'est pour exclure par deux fois cet étudiant trop rétif aux règles académiques car le jeune homme, loin de se contenter de ses leçons de violon et d'orgue, cultive déjà son jardin en autodidacte, suit la pente de ses passions qui le mènent bien au-delà de la sèche théorie et d'un conformisme étriqué. Toute sa vie il cultivera cette curiosité exacerbée qui l'amènera à forger un style personnel, fort d'inspirations multiples et parfois contradictoires. Martinů s'enflamme pour l'impressionnisme français et s'essaye à la composition. Quand la guerre éclate, il est déclaré inapte au service et rejoint sa ville natale de Polička. Il anticipe la fondation du nouvel état tchécoslovaque avec une imposante Rhapsodie tchèque pour baryton, chœur mixte et orchestre et orgue, rapidement entrée au répertoire. À la même époque, comme l'avait fait son compatriote Antonín Dvořák cinq décennies plus tôt, Bohuslav Martinů découvre l'intimité du répertoire en jouant au sein de l’orchestre. Son poste de second violon de la Philharmonie Tchèque lui donne l'occasion de rencontrer le grand chef Václav Talich, tandis qu'il noue des liens étroits avec le compositeur Josef Suk. Il rejoint la France tant admirée, s'enthousiasme pour Albert Roussel, qui devient son maître, tout en accueillant avec grand intérêt les courants pluriels de la musique moderne, y compris le jazz (ballet La revue de cuisine). Martinů sait se nourrir de ces multiples influences pour inventer un langage personnel, riche et foisonnant, dont le vaste catalogue donne la mesure, avec près de 400 œuvres recensées dans le catalogue d'Harry Halbreich qui explorent et magnifient toutes les formes musicales. Il écrit plusieurs œuvres remarquables (2e Quatuor pour cordes, opéra Juliette ou la clef des songes) qui assoient sa stature de compositeur. Elles sont défendues par les plus grands interprètes en Europe et aux Etats-unis. C'est là qu'il se réfugie, après la défaite française, avec l'aide financière du mécène suisse Paul Sacher, commanditaire de son Double concerto pour cordes, piano et timbales. Outre-Atlantique, il compose cinq Symphonies en l'espace de quelques années (1942-1946) parmi d'autres oeuvres (Lidice, Troisième Sonate pour Violon et Piano) tout en étant invité à enseigner l'art de la composition. De ces Symphonies, toutes « du Nouveau Monde », la 4e est la moins équivoque dans l'expression de la joie. Elle est écrite d'avril à juin 1945, alors que les Alliés remportent la victoire. Le premier mouvement Poco moderato est baigné par une joie naïve qui lui donne un caractère onirique. Martinů parvient à exploiter de façon admirable une simple idée musicale, un motif de trois notes auquel répond une phrase succincte, en une brillante guirlande de métamorphoses symphoniques. L'Allegro vivo du 2e mouvement s'ouvre par un « scherzo fantastique » halluciné, tempéré par un passage serein où le compositeur évoque peut-être les prés et les bois de son pays natal. L'ombre de Beethoven apparaît furtivement avant le retour du scherzo. Martinů est au sommet de son art dans le Largo réalisé avec une remarquable économie de moyens, et cependant d'une grande exigence pour les pupitres de cordes. La musique s'élève par paliers pour culminer en un vaste et apaisant choral. L'atmosphère fragile de ce mouvement, achevé dans la quiétude de gracieuses modulations, est entretenue par des effets de dynamique et un chromatisme très travaillé. La symphonie se termine par un Poco allegro volontaire. L'âpreté rythmique de l'Allegro vivo réapparaît mais se transforme ici en hymne de victoire où s'invite le motif du premier mouvement. Un chant de joie irrépressible illumine des mille feux de l'orchestre une éblouissante progression vers la coda exubérante. Eugene Ormandy assure la création de la 4e Symphonie avec l'orchestre de Philadelphie en novembre 1945. En Europe, la Philharmonie Tchèque la présente à Prague en mars et juin 1948 sous la direction de Rafael Kubelík, peu de temps avant que le chef ne choisisse l'exil. L'après-guerre, en effet, n'apporte pas la libération tant attendue. Les Pays Tchèques tombent sous la coupe d'une nouvelle idéologie totalitaire. Martinů est indésirable sur le sol qui l'a vu naître : sa musique souverainement libre et ouverte sur le monde ne saurait s'accorder à un quelconque art officiel imposé par les doctrinaires staliniens. Il continue à composer intensément (Sinfonia concertante n° 2 pour hautbois, basson, violon, violoncelle solo et petit orchestre, Sinfonietta La Jolla) et poursuit son action pédagogique à la Berkshire Music School (Massachusetts) et à l'Université de Princeton (New Jersey). En 1952, il obtient la nationalité américaine. Il retourne en Europe en 1953, avec dans ses bagages une sixième Symphonie ("Fantaisies symphoniques") qu'il retouche peu de temps après son arrivée. Martinů contemple depuis sa maison de Nice un immense panorama ouvert sur la Méditerranée et les Préalpes. Il est physiquement diminué mais son effusion créatrice ne tarit pas. De cette ultime période, partagée entre la France, l'Italie et la Suisse, date une série de pages remarquables (L'Épopée de Gilgamesh, le Concerto pour hautbois et petit orchestre, Les Fresques de Piero della Francesca, la Passion grecque, Paraboles...) honorées par le monde musical. Martinů décède d'un cancer en Suisse, en août 1959, sans qu'il ne puisse revoir une dernière fois les collines ondoyantes de sa Vysočina natale. Alain Chotil-FaniFondateur de musicabohemica.orgAlain Chotil-Fani et Éric Baude ont écrit Antonín Dvořák, un musicien par-delà les frontières (Ed. Buchet-Chastel) Merci à Joseph Colomb et Eric Baude pour leurs remarques pertinentes



Les blogs Qobuz

10 février

Le blog-notes de Claude Samuel Le culot de Jean-Christophe Averty Yves Montand et Juliette Gréco – Le jazz à Juan Le Bach de Dinu Lipatti

Filmé en 1966, le pianiste Thelonius Monk sera, le 17 mars, l’une des références du Festival jazz & Images du cinéma Le Balzac (DR) Il fut un temps où les téléspectateurs, une poignée de privilégiés, imaginaient qu’au-delà d’un media d’information ou de divertissement, leur télé compterait un jour parmi les disciplines artistiques les plus créatives — illusion, hélas ! Ces téléspectateurs téméraires ne rataient sous aucun prétexte les émissions insolites, dérangeantes, provocantes d’un certain Jean-Christophe Averty, ce réalisateur un peu fou qui eut un jour le culot de faire passer (à l’image) des bébés à la moulinette. Scandale ! Déjantés Nous avons eu droit la semaine dernière (en prime time, merci à France 3 !) à une piqure de rappel. À la rubrique « Les trésors cachés des variétés », les films déjantés d’Averty sont revenus secouer notre torpeur pendant près de deux heures dans un subtil montage de Mireille Dumas. En fouillant dans des milliers d’heures d’archives, elle a exhumé des pépites, dont les jeunes téléspectateurs d’aujourd’hui n’ont pas l’idée. Images allègrement mobiles réalisées avec la complicité de quelques icônes de l’époque : d’Yves Montand à Juliette Gréco, en passant par Brassens, Gainsbourg, Henri Salvador, Gilbert Bécaud, France Gall et bien d’autres dont les chansons ont traversé, sans trop de dégâts, quelques décennies. Mais c’était sans doute pousser l’audace un peu loin et, après le départ de Jean-Christophe, personne ne reprit le flambeau. Affolement dans les rares chaumières déjà équipées à cette époque d’un poste de télé… (DR) Quant à notre réalisateur pionnier, ce virtuose des trucages qu’apparemment les directeurs successifs de la télé ne firent pas trop d’effort pour retenir, il se recycla à la radio nationale et nous fit profiter de sa formidable discothèque de jazz, des milliers de vieilles gravures, dont il ne manquait jamais d’indiquer au micro les dates d’enregistrement et les numéros de série… Le rendez-vous radiophonique dura un bon quart de siècle jusqu’au jour où l’un des présidents de l’ORTF considéra que Jean-Christophe avait fait son temps. Mais il n’eut pas, là non plus, de successeurs… J’ai le souvenir de Jean-Christophe Averty au Festival de jazz de Juan-les-Pins où, dans les années soixante, sa caméra captait les prestations des musiciens de jazz les plus fameux. Et il avait un tel sens de la pulsation du jazz, et de la plasticité de l’image, que ses films restent des modèles du genre. Mezzo Si vous en doutez, je vous engage à ne pas manquer au cinéma Le Balzac la séance du 24 février inscrite dans la nouvelle saison de « Jazz et Images », avec le film de 1961 où Averty met en scène, sous le titre « Blues again », quelques représentants de cette belle discipline. De nombreux réalisateurs, qui se contentent (dans le répertoire classique aussi bien) de passer bêtement du chef au soliste (et vice-versa) pendant une poignée de secondes, feraient bien de prendre une très salutaire leçon. Je suis un très bon client de Mezzo et autres chaînes classiques et je suis effaré par la platitude de la plupart des réalisations. Dans un lointain jadis, j’ai invité pour une journée spéciale Jean-Christophe Averty au Festival d’art contemporain de La Rochelle où il pouvait logiquement prendre place et j’imagine que, responsable d’une maison d’opéras, hypothèse complètement farfelue étant donnée ma répulsion pour les tubes de l’art lyrique, je n’aurais pas hésité à lui confier une mise en scène où son imagination, l’acuité de son oreille, son sens du discours musical auraient pu faire merveille. Jean-Christophe Averty en action, sans doute à Juan-les-Pins… Dinu Lipatti Nostalgie… Nostalgie aussi avec la réédition (coffret de trois CD sous le label Warner Classics) du fameux récital que le pianiste Dinu Lipatti donna le samedi 16 septembre 1950 au Festival de Besançon. Cet artiste génial n’avait que trente-deux ans, mais la leucémie (le diagnostic de maladie de Hodgkin avait été établi trois ans auparavant) l’emportera deux mois et demi plus tard. Les micros de la RTF avaient été installés dans la salle du Parlement où se déroulait le concert et, à défaut du direct qui fut annulé, le récital fut enregistré. Magnifique archive, opportunément exhumée. Au cours de cet après-midi d’automne, Dinu Lipatti avait enchaîné devant un public subjugué la Première Partita de Bach, la Sonate en la mineur K.310 de Mozart, deux Impromptus de Schubert et treize Valses de Chopin. Lipatti était à la limite de l’épuisement, comme le relate André Tubeuf, dans son livre intitulé La Quatorzième Valse (aux Editions Actes Sud) et ferma le piano après la Sonate en mi bémol majeur de l’opus 18, la treizième de la série prévue. Et de Bach à Chopin, avec les deux brefs Schubert en prime, tout est miraculeux dans cet enregistrement : la perfection du style, la sobriété des épanchements, les nuances finement contrôlées. Alors qu’en notre époque baroqueuse, les œuvres pour clavier de Bach sont tombées dans la besace des clavecinistes, on constate combien le génie du Cantor échappe aux références instrumentales. Deux artistes d’exception, qui conjuguèrent l’exigence et la modestie : Dinu Lipatti et Clara Haskil (DR) Notre seule religion Dans le même coffret : le Concerto pour piano de Schumann, où la réplique au soliste est donnée par Herbert von Karajan à la tête du Philharmonia Orchestra. Là on constate aussi l’absolue honnêteté de Lipatti par rapport au texte musical. Il disait d’ailleurs : « Notre vraie et seule religion, notre seul point d’appui, infaillible, est le texte écrit. » Vous retrouverez cette belle citation et d’autres aveux et commentaires dans le livre de Grigore Bargauanu et Dragos Tanasescu publié en 1971 et vingt ans plus tard en version française aux Editions Payot de Lausanne. Et vous apprendrez aussi que Dinu Lipatti était né à Bucarest, à la fin de la Grande guerre, qu’il compta parmi ses amis Clara Haskil et Yehudi Menuhin, qu’il fit un long séjour à Paris à la fin des années trente et y rédigea quelques critiques musicales à destination de la presse roumaine. Il écouta Horowitz, et le jugea sans complaisance. À chacun sa famille… Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de février 2017 : « Ce jour-là, 25 octobre 1893 : la mort de Piotr Ilytch Tchaïkovski »

Piotr Ilitch Tchaïkovski
(1840 – 1893)

Piotr Ilitch Tchaïkovski est un compositeur russe romantique (25 avril 1840 - 25 octobre 1893). Tchaïkovski est un compositeur éclectique. Son œuvre, d'inspiration plus occidentale que celle de ses compatriotes contemporains, intègre des éléments occidentaux ou exotiques, mais ceux-ci sont additionnés à des mélodies folkloriques nationales. Tchaïkovski compose dans tous les genres, mais c'est dans la musique d'orchestre comme les symphonies, les suites, et les concertos qu'il déploie toute sa science de l'orchestration et donne la mesure de son sens mélodique inspiré. C’est également lui qui donne ses lettres de noblesse à la musique de ballet, ajoutant une dimension symphonique à un genre auparavant considéré comme mineur. Il incarne la figure dominante du romantisme russe du xixe siècle dans toute sa vitalité populaire et généreuse et sa profonde sincérité.



[+] Toute l'actualité (Piotr Ilitch Tchaïkovski)
18 févr.
Le blog d'Olivier...
18 févr.
MusicaBohemica
17 févr.
Les blogs Qobuz
16 févr.
Sphère Wordpress
11 févr.
Resmusica.com
10 févr.
Les blogs Qobuz
10 févr.
Le blog d'Olivier...
5 févr.
Classiquenews.com...
5 févr.
Classiquenews.com...
3 févr.
Les blogs Qobuz
3 févr.
Classiquenews.com...
1 févr.
Carnets sur sol
1 févr.
Classiquenews.com...
1 févr.
Classiquenews.com...
30 janv.
Classiquenews.com...
30 janv.
Classiquenews.com...
27 janv.
Les blogs Qobuz
25 janv.
Le blog d'Olivier...
25 janv.
Resmusica.com
17 janv.
La lettre du musi...

Piotr Ilitch Tchaïkovski




Tchaïkovski sur le net...



Piotr Ilitch Tchaïkovski »

Grands compositeurs de musique classique

Lac Des Cygnes Ouverture 1812 Piano Valse Ouverture 1812 Casse-Noisette

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...